Cette année pour les fêtes, j’ai troqué les rennes scandinaves pour des cochons ibériques ! Au pays du flamenco j’ai passé Noël chez mon frère : j’ai bien sûr emmené dans mes bagages les cadeaux que j’avais confectionnés, et aussi celle qui me suit où que j’aille : ma passion des plantes. Et je n’ai pas été déçue ! Me voici en effet dès le deuxième jour nez à nez avec un chêne ballote. Mieux encore : je découvre que cet arbre que j’envie tant aux régions méridionales est largement implanté partout dans les alentours, et que, même à cette époque de l’année, de nombreux glands jonchent encore le sol.
Vous devinez la suite : entre les réjouissances familiales je n’ai pas pu m’empêcher de partir à la chasse aux trésors, et j’ai rapporté une belle récolte chez moi.

Mais pourquoi donc cette si grande considération pour le chêne ballote ? Chez nous aussi il y a des chênes, et sur le Causse où j’habite, on est plutôt bien servis ! Oui mais le chêne ballote, sous-espèce du chêne vert (Quercus ilex subsp. ballota) a quelque chose de plus que l’écrasante majorité de nos chênes français : il donne des glands doux !
Doux… c’est à dire ? Cela signifie qu’ils sont dénués d’amertume : pas besoin de les désamériser avant de les déguster. Et pour ceux qui s’y sont déjà collés, vous voyez tout de suite l’énorme économie de temps que cela représente, et la facilité de préparation en cuisine qui s’en suit !

J’avais déjà mangé des glands doux lorsque j’ai passé du temps dans le sud du Maroc : là-bas en automne il est possible d’en acheter sur les marchés, comme on achète des châtaignes grillées en France. Crus tels quels, ou tout juste grillés ils sont déjà vraiment délicieux et en dehors de quelques tests en cuisine, c’est surtout de cette manière que je les avais consommés. Il faut dire que leur saveur à mi-chemin entre l’amande et la châtaigne, à la fois sucrée et sauvage a déjà largement de quoi combler la gourmandise !
Cette fois, mon objectif est de pousser les tests culinaires un peu plus loin, et en toute honnêteté, je me régale !

Bien sûr, dans un premier temps, il faut récupérer l’amande, et lorsqu’on a déjà fait l’expérience fastidieuse de l’épluchage des châtaignes, on peut éprouver une certaine appréhension avant de se lancer dans cette opération. Heureusement chez les glands c’est beaucoup plus simple : on les incise en long et on les torréfie. Pour ma part j’en mets une centaine dans une poêle, sans aucune matière grasse, je remue de temps en temps et j’attends que la coque commence à se distendre.
Il est alors temps de les éplucher : grâce à la chaleur de la torréfaction, la coque et la petite peau collée à l’amande se détachent très facilement. Cette notion de chaleur est importante : si vous essayez d’enlever la seconde peau avant torréfaction, l’opération se révélera très difficile, et si vous attendez que les glands refroidissent, ce sera bien plus difficile que lorsqu’ils sont chauds. Voilà pourquoi je me limite à une centaine de glands par traitement.

Et ensuite ? Ensuite vous pouvez déjà les déguster tels quels, à peine grillés, ils sont vraiment délicieux ! En goûter, en dessert ou légèrement salés en apéritif, vous avez ici un vrai trésor de la nature, hyper nutritif au passage. Vous pouvez bien sûr aller plus loin, et c’est évidemment ce que j’avais envie de faire (même si, je l’avoue, j’en ai quand-même chipé quelques-uns lors du décorticage… ben oui, l’odeur est déjà irrésistible, ne parlons pas du goût !).
Je vous partage un test très concluant, et même totalement addictif dans un prochain article :).
Intéressés vous aussi par la cuisine des glands ? Différentes espèces de chênes, méthodes de désamérisation, richesse nutritionnelle et mise en pratique en cuisine : cela fera bien sûr partie du stage « Défi Cuisine (presque) 100 % sauvage ! », qui se déroulera les 4 et 5 octobre 2025.

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