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Plantes sauvages comestibles pour débutants

Un article sur les plantes sauvages comestibles pour débutants

Les plantes sauvages pour les débutant-e-s… ou pour les personnes qui n’ont pas beaucoup de temps disponible : c’est tout à fait possible ! Suivez-moi dans cet article pour découvrir quelles plantes vous pouvez facilement cueillir et intégrer dans votre alimentation quotidienne.

Oui, les plantes sauvages comestibles il y a en a des centaines (si-si, même en France métropolitaine;) ), et les manières de les cuisiner sont infinies. Avec des connaissances et quelques idées, il est possible de préparer d’incroyables plats et boissons, de l’apéritif et de l’amuse-gueule au dessert, en passant par les en-cas, les goûters, les entrées et les plats de résistance, et ceci en toutes saisons.

D’accord, mais si on veut simplement (et rapidement) se nourrir localement et sainement, sans trop se prendre la tête ? Eh bien c’est aussi possible ! C’est ça qu’il y a de merveilleux avec les plantes sauvages, c’est qu’elles s’adaptent à tout le monde, que vous soyez débutant-e ou aguerri-e, botaniste confirmé-e ou amateur-e, passionné-e ou juste en train d’essayer de nourrir votre famille :).

Alors quelles sont donc celles qui vont convenir, revenons-en au sujet, aux personnes qui n’ont pas beaucoup de temps et qui débutent ? Réponse : les basiques. Celles qui sont tellement connues que tout le monde voit à peu près de quelle plante on parle quand on mentionne leur nom, celles qui poussent en toutes saisons (ou presque) et partout… ou presque !

Mais ça existe ce genre de plante ? Bien sûr que oui ! Et il y en a chez vous ? Oui, à condition que vous habitiez… partout… ou presque :). Allez, je vous en présente trois ci-dessous, connues de toutes et de tous, faciles à identifier et présentes toute l’année, ou pratiquement !

L’ortie dioïque (Urtica dioica)

C’est la chouchoute, la préférée des cueilleurs, et pour cause. D’abord, elle pousse où habitent les humains : pratique, n’est-ce pas ? En plus, elle vit en colonies, ce qui permet de faire de grosses cueillettes, d’autant que quand on coupe la tête d’une tige, il en repousse deux. Une autre caractéristique bien pratique, c’est qu’elle est ultra-facile à identifier : c’est la seule plante urticante* de France métropolitaine. Si vous avez un doute, touchez-la, vous devez ressentir une petite piqûre et une sensation de brûlure (pour savoir comment la faire disparaître, continuez à lire l’article :D).

*D’autres orties, elles aussi comestibles et urticantes, sont présentes sur le territoire métropolitain, bien que moins fréquentes que l’ortie dioïque, comme par exemple l’ortie brûlante (U. urens) et l’ortie à pilules (U. pilulifera).

Elle se déguste crue (vous aurez deviné que dans ce cas il faut la hacher très finement, pour bien casser tous ses poils urticants), cuite, dans des plats salés ou sucrés, en boisson, et il est aussi possible de la faire déshydrater et même de la réduire en poudre. On peut dire que question polyvalence, elle a bien mérité la première marche du podium !

Véritable concentré de nutriments (protéines complètes, vitamine C, calcium, fer, magnésium, silice, etc.), elle nourrit, soutient l’organisme dans les moments difficiles, aide les convalescents à reprendre des forces et aide aussi le corps à éliminer les toxines. Quand on sait qu’elle est présente toute l’année en dehors des périodes de fortes gelées, on se dit que c’est vraiment une plante merveilleuse !

Le pissenlit (Taraxacum officinale)

C’est celui qui illumine les jardins et les champs au mois d’avril et rien que pour ça on l’adore ! Mais c’est loin d’être sa seule qualité. En plus de ses nombreuses propriétés médicinales, le pissenlit nous promet des utilisations culinaires avec presque toutes ses parties : les jeunes feuilles et les feuilles plus âgées, les boutons floraux et les fleurs, et même la racine. Pour savoir quelle partie récolter, il suffit de regarder le calendrier : jeunes feuilles en fin d’hiver, boutons floraux puis fleurs tout le printemps et l’été, feuilles plus âgées de la fin du printemps jusqu’à la fin de l’hiver, et racines pendant l’automne et l’hiver. Autant dire que vous aurez toujours une bonne excuse pour aller cueillir du pissenlit !

Si les racines devront plutôt être cuites, voire torréfiées pour certains usages, les feuilles peuvent se préparer crues ou cuites, selon la recette et selon leur âge. Quand aux fleurs, bien qu’elles fassent l’objet de préparations un peu longues, comme la cramaillotte ou le vin de pissenlit, elles pourront aussi se cuisiner de manière très simple, en omelette ou dans une salade. En ce qui concerne les boutons floraux, ils font d’incroyables succédanés locaux de câpres, très appréciés dans des plats aussi bien crus que cuits.

Côté nutriments, le pissenlit est en bonne place aussi. Dotées de protéines complètes, de nombreuses vitamines dont la provitamine A (en plus grande quantité que la carotte à poids égal), et de tout plein de sels minéraux, notamment de calcium (5 fois plus que le lait de vache à poids égal), les feuilles contre lesquelles vous pestiez jusqu’à présent parce qu’elles envahissaient votre pelouse devraient bien remonter dans votre estime !

Les plantains (Plantago spp.)

Pourquoi les plantains ? Parce qu’il en existe plusieurs espèces, dont trois d’entre elles ont des propriétés quasi-similaires : le grand plantain (P. major), le plantain lancéolé (P. lanceolata) et le plantain moyen (P. media). Vous avez forcément l’une de ces espèces (voire 2 ou 3) qui pousse à côté de chez vous, car les plantains s’adaptent à tous les milieux : jardins, prairies, prés, bords de chemins, lisières, zones humides… et même macadam de nos villes !

Si vous vous amusez à bien froisser une feuille entre vos doigts, jusqu’à en extraire le jus, vous constaterez qu’ils ont une étonnante saveur de champignon ! Et ça tombe bien, parce qu’ici, on parle justement de cuisine :). Et si vous faites la même chose sur une piqûre d’insecte, vous remarquerez avec soulagement que la douleur disparaît… comme sur les brûlures causées par les orties ! C’est magique ? Non, c’est parce que les plantains sont dotés de principes anti-inflammatoires et anti-histaminiques, qui les rendent aussi précieux en cas d’allergie. Ce sont là seulement quelques-unes de leurs propriétés médicinales : pour toutes les développer, il me faudrait écrire plusieurs articles, ou un livre dédié uniquement à ce sujet !

Revenons-en donc à nos marmites :). Un peu moins faciles à cuisiner seuls que leurs deux compères précédemment nommés (si vous avez bien suivi : l’ortie et le pissenlit) du fait d’une petite amertume, les feuilles de plantain se prêtent bien aux plats préparés avec un mélange de plantes, que ce soit dans des préparations crues ou cuites, plutôt salées. Avec le temps (ou en suivant un inoubliable stage à mes côtés !) vous apprendrez à apprivoiser cette amertume, ce qui démultipliera vos possibilités culinaires ! En attendant, vous pouvez dores et déjà leur faire une belle place en cuisine en mélange avec d’autres plantes, et ce, tout au long de l’année. Ils vous remercieront d’ailleurs généreusement de cette attention, en vous offrant leurs précieux nutriments, comme par exemple des protéines complètes, de la vitamine C ou du zinc. Et lorsque le printemps sera revenu, vous pourrez même goûter à leurs inflorescences en boutons (encore vertes), elles aussi dotées d’une surprenante saveur de champignon, et les ajouter à vos salades, vos rouleaux de printemps ou même vos omelettes !

Envie d’en savoir plus et de vous lancer vous aussi ? Rejoignez-moi sur le terrain et en cuisine, pour apprendre à cueillir en toute sécurité et à cuisiner sauvage et local tout au long de l’année ! Voir les stages ici :).

Vous pouvez aussi dévorer les deux livrets que j’ai écrits avec Linaigrette pour notre maison d’édition indépendante l’Aventure au Coin du Bois : Je cuisine l’ortie et Je cuisine le pissenlit.

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